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prospective

Ce site ne commente pas les actualités mais tente d'en anticiper les conséquences.



 Des alliances inédites passées sous silence

Comment la France pêche en eaux claires et troubles

Le récent mini-sommet entre la France, la , le Qatar et la Syrie a fait couler très peu d'encre.

C'était pourtant un évènement totalement nouveau dans la région, et constitue l'ébauche d'un rééquilibrage qui pourrait se révéler très prometteur:

  • La France, sous l'actuel Président et dans son rôle de leader semestriel de l'UE, se veut amie d'.
  • La , membre de l' et aspirante à l'UE, est un partenaire musulman très apprécié d', qui lui concède le droit d'utiliser son espace aérien en vue d'entraîner les pilotes de et qui, dans le même temps, a conclu un accord de coopération avec l' relatif au PKK, le parti kurde engagé dans des actions dites terroristes.
  • La Syrie de son côté, tente une ouverture vers l'Occident, poursuit des négociations de paix avec (grâce à la médiation Turque), tout en affirmant haut et fort son amitié avec l'.
  • Le Qatar, enfin, qui a signé des accords militaires avec la France incluant même un projet de base navale sur ses côtes, joue un rôle de premier plan dans les négociations inter-arabes d'une part, et arabo-israeliennes d'autre part.
On peut brasser ces cartes de bien des manières, mais une option optimiste permettrait de chambouler profondément le Moyen-Orient: c'est peut-être en effet la première occasion réelle pour l', -principalement la France-, le Qatar et la , de débloquer plusieurs points d'achoppement, que ce soit d'un côté au niveau du Golan, du Hezbollah, du Hamas et de l', et de l'autre côté, , les Territoires.

Les Etats-Unis, pour l'instant tenus hors de ce jeu et sans grande crédibilité jusqu'à l'arrivée de la nouvelle administration laissent faire, au grand dam des partis belliqueux irréductibles en , coincés eux aussi par la lente agonie gouvernementale de Tel-Aviv et qui voudraient absolument durcir le jeu en aggravant la menace iranienne, ce qui leur permettrait d'être le plus agressifs posssibles envers les Palestiniens, et éventuellement le .

La essaye de rentrer dans le jeu par l'entremise de fournitures d'armes à Assad mais possède pour l'instant un train de retard sur la France.

Si l'on comprend qu'Erdogan, le PM d', tient là un moyen de se rapprocher du pays européen le plus hostile à son intégration et que le tandem Medvedev-Poutine est désireux de ne pas nuire à Sarkozy tout en ne bougeant pas sur l'Ossétie et l'Abkasie, il semble que le président français tienne là une opportunité historique (pardon pour ce mot grandiloquent) pour non pas régler le problème Israelo-Palestinien, mais fournir à cette région un moyen de redistribuer les cartes et d'ouvrir des dialogues longtemps espérés et indispensables entre , les pays Arabes, l'UE, la , l' et la .
La fenêtre est courte, et il importe aux différents partenaires de rassurer les , jamais heureux quand leur influence n'est pas prépondérante dans la région. 

 Georgie: Medvedev et l'enterrement de Poutine

A quoi sert l'Ossétie du Sud?

Mots-clés :

Quelque soient les différentes motivations amenant les membres de ce conflit larvé vers l'état de guerre, la moindre n'est pas celle de la clarification du pouvoir à Moscou.
Difficile de ne pas voir que le président Medvedev, en usant d'une rhétorique ultra nationaliste dès le début des échauffourées entre les Géorgiens et les Ossètes, s'est ouvertement positionné en "défenseur et protecteur du peupe " au moment même où Vladimir Poutine assistait à l'ouverture des Jeux Oympiques de et se trouvait de ce fait comme dépossédé des rênes du pouvoir alors que l'urgence est de mise.
Si l'actuel Premier Ministre de la est très bien placé pour parler directement avec les nombreux chefs d'Etat présents dans la capitale chinoise, Medvedev, lui, est en contact direct avec la haute hiérarchie militaire , jusque-là plus favorable à l'ancien Président.
En attisant les effets mélodramatiques, Medvedev, jusqu'ici si effacé, oblige les maréchaux à aller dans son sens.
A ce stade un revers militaire - c'est à dire une victoire avec de lourdes pertes- déstabiliserait le pouvoir bicéphale de Moscou, obligeant les deux partenaires à une lutte de palais ouverte.

 L'Iran mal ciblé (2)

Perceptives Perses

Après avoir vu les diverses données qui mèneraient à un conflit armé contre l',  il semble nécessaire à présent de remettre en perspective la place et le rôle de ce pays central dans la stratégie mondiale en général, et occidentale en particulier.
Dans ce chapitre, nous verrons simplement les aspects actuels de la situation
L' ne devrait pas être considéré comme un pays hostile.
Le Pouvoir
Le régime intégriste, corrompu et inefficace qui le gouverne actuellement ne doit pas cacher plusieurs réalités moins caricaturales.
Tout d'abord, et même si les différents conseils de surveillance ont éliminés d'office les candidats vraiment réformateurs, c'est un régime élu.
Les taux de participation électorale n'ont rien à envier à ceux de pays européens, par exemple, et ne sont pas les simagrées démocratiques de pays comme le Khazakstan ou l'Ouzbékistan, nations soumises à des dictateurs ubuesques mais pourtant courtisés par l"Occident.
L'argument "anti-démocratique" ne peut pas non plus être utilisé contre Téhéran si l'on songe à la nature des régimes Saoudiens, Egyptiens, Pakistanais, Géorgiens ou Afghans sur lesquels l'Occident (également auto-nominé "communauté internationale") s'appuie.
L'atome Perse
L'argument du non-respect du Traité contre la diffusion de l'armement est juridiquement fondé, mais pas encore prouvé.
Fondé à cause des difficultés et mensonges iraniens face aux contrôles de l'AIDEA.
Pas prouvé car pour l'instant aucun élément déterminant ne permet d'assurer que Téhéran travaille à l'établissement d'une chaîne d'armement .
Pour autant, on attend encore que l'AIDEA se montre aussi déterminé au dont on vient à peine de dévoiler un secret de polichinelle, à savoir que le père de la bombe Pakistanaise (également géniteur de la Nord-Coréenne et de la mort-née Lybienne) a diffusé sur le Net et ailleurs les moyens de fabriquer de petits engins atomiques.
Un qui, comme ou l', continue d'observer la plus parfaite opacité sur son statut et ses moyens de puissance .
A la différence des autres, Islamabad est un Etat sans véritable tête, qui voit aujourd'hui la talibanisation interne s'étendre au point où l' va devoir très vite choisir son camp, faute de quoi une intervention extérieure massive se "justifierait" largement plus que sur l'.
et terrorisme
L'accusation "soutien aux terroristes" demande à être examiné avec attention: du point de vue d'un pays dont les intérêts, appréciations et menaces stratégiques sont très différentes de l'Occident, l'aide au Hezbollah se justifie par le besoin de faire porter la menace (et la rétaliation) sur un territoire éloigné du sien; elle permet aussi de peser sur les régimes Arabes adverses (c-à-d à peu près tous, hormis la Syrie) et d'aider une communauté qui partage la spécificité d'appartenir à la minorité shiite dont on oublie trop souvent qu'elle fut et reste en grande partie méprisée et exploitée par la majorité sunnite.
Enfin, le Hezbollah a prouvé sa capacité à demeurer intègre, parfaitement organisé et demeure jusqu'à présent la seule entité musulmane à avoir tenu tête à .
Rayonnement
Ces qualités sont considérables pour le monde (et surtout les masses)Islamique, qui voit depuis 60 ans la communauté internationale faire grand cas de paix, justice et liberté mais d'une part considère comme allié et démocratique , lequel bafoue un grand nombre de résolutions de l' , pratique souvent une politique discriminatoire et systématiquement la punition collective (interdite par la Convention de Genève), un Occident qui d'autre part défend des autocraties corrompues interdisant tout débat politique réel.
S'y ajoute l'épisode navrant de la non-reconnaissance occidentale du résultat des élections Palestiniennes en faveur du Hamas.
L' joue sur du velours devant les sentiments "deux poids deux mesures" et l'hypocrisie répétée du langage européen, lénifiant au point d'en devenir abstrait.
Une hypocrisie qui va jusqu'à faire assimiler l' à par des politiciens Américains (encore récemment, McCain) alors que ces deux entités se haïssent, et que Téhéran a aidé (et avait proposé de faire beaucoup plus) l'Amérique au moment de l'attaque contre les , ennemis jurés des Perses.

Ceci pour les aspects stratégiques conjoncturels du rapport Occident/.
Nous verrons ensuite la réalité stratégique intrinsèque du monde Perse et pourquoi il faut apaiser les rapports avec ce pays, en attendant un changement de régime.

 L'Iran mal ciblé (1)

comment augmenter le prix du pétrole

"Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée"
Alfred de Musset

Depuis des semaines, les signes de tension grave à l'encontre de l' se multiplient: manoeuvres Israeliennes impliquant une centaine de chasseurs-bombardiers et leurs ravitailleurs en vol, délaration extrêmement violente de Shaul Mofaz (ex-chef d'état-major Israelien) sur "l'inévitabilité" d'une attaque, rumeurs savamment distillées selon lesquelles G.W.Bush aurait donné son feu vert à E.Olmert lors de leur dernière entrevue, discours dramatisé de N.Sarkozy à la Knesset... A quoi l'on peut ajouter l'intéressant article du chef du Foreign Office, Mr. Miliband, appelant les deux camps à une modération réciproque.
Les partisans de la (presque une institution aux ) s'alarment: Bush et Dick Cheney auraient décidé de finir en beauté et, en démarrant une guerre incontrôlable juste avant les élections, de s'offrir soit une prolongation non prévue par la Constitution, soit favoriser l'élection d'un McCain qui serait alors entouré des pires va-t'en-guerre Républicains au détriment d'un Obama jugé trop mou et qui, depuis deux semaines, additionne les déclarations macho et inexactes pour montrer qu'il saurait être un commandant en chef.

Les modérés sur ce dossier (Allemagne, Espagne, Angleterre, Chinois, ), voire les qui ont entamé des manoeuvres militaires communes anti-PKK avec l' ne font aucun commentaire public, mais on peut imaginer qu'ils mettent en avant, avec raison, tous les arguments pour faire baisser la tension.

Que se passerait-il si les Israéliens -avec l'assistance des satellites et de la logistique Américains-, frappaient des objectifs jugés nucléaires en ?

  • Tout d'abord, ils ne pourrraient les détruire tous puisque ceux-ci sont disséminés sur plusieurs dizaines de sites dont certains très profondément enterrés (on a vu lors de l'invasion de l' que les fameuses bombes à pénétration souterraine américaines n'étaient pas si efficaces que çà).
  • Cela ne ferait que retarder l'achèvement du programme Iranien, et renforcer la détermination de Téhéran de posséder la bombe.
  • Politiquement, alors que des élections se profilent, il est certain qu'une agression extérieure profiterait aux éléments iraniens les plus conservateurs, et sans doute à l'actuel Président pourtant en situation de faiblesse.
  • Militairement les Iraniens, qui ont prouvé à la fois leur savoir-faire et leur courage, n'hésiteraient pas à employer la stratégie mise au point durant la guerre avec l' et considérablement améliorée depuis: l'emploi de vedettes ultra-rapides, par essaim de plusieurs dizaines pour attaquer porte-avions, destroyers et tankers occidentaux pris dans la nasse du Golfe Persique. Certaines de ces vedettes seraient à n'en pas douter utilisées en kamikaze.
  • Enfin, il suffirait de couler un supertanker près du Détroit d'Ormuz  pour verrouiller l'accès, enfermant pour longtemps deux flottes US, deux flotilles européennes et quantité de pétroliers.
Les conséquences au niveau mondial seraient immédiates et dramatiques, en dehors de tout dérapage militaire subséquent tel que l'implication directe des forces Américaines ou l'embrasement du :

Le prix du baril de passerait instantanément non pas à 200 mais plutôt à 300 dollars, avec les conséquences que l'on imagine sur l'économie mondiale.
Ni la , ni l' ni l'UE ne pourraient le tolérer. Même la dont pourtant les revenus pétroliers ne feraient qu'augmenter se trouverait en situation vulnérable car un conflit armé en ne manquerait pas de l'impliquer.
Pourtant, sachant celà, certains hommes politiques continuent d'envisager cette option, certains officiers supérieurs (principalement les responsables de l'aviation Israelienne et Américaine, pas encore convaincus que l'attaque aérienne ne suffit pas à résoudre un problème politique) continuent de prétendre que deux des meilleures armées du monde peuvent amener un pays tel que l' à genoux.

 Défense: un livre plus blanc que clair

une stratégie à la Galliéni

Maintenant que le Livre Blanc de la Française a été publié, il est loisible sans carte de presse ou accréditation officielle de faire quelques observations, tout en reconnaissant que la France ne peut plus mener à elle seule un certain nombre de ses missions traditionnelles et qu'une partie de ses personnels n'avaient plus leur place.
De ce point de vue, la baisse des effectifs peut être menée sans trop de dommages, à condition d'être bien pensée....

  • La première des observations est que la part du budget de la va baisser jusqu'à 2% alors que seules la France et l'Angleterre menaient jusqu'ici une politique conforme à la montée des instabilités et basculements mondiaux et alors que les budgets de et Chinois prévoient des augmentations à trois et deux chiffres respectivement .
  • La deuxième est que le discours officiel du Président de la République, selon lequel la rentrée pleine et entière de la France dans l' doit s'accompagner d'une montée en puissance de la européenne commune alors que son budget baisse paraît du coup vide de sens, ce qui est une faute stratégique.
  • La troisième est que l'attention des Armées semblerait devoir se porter désormais plus ou moins autour du Golfe (implantation à haut risque au Qatar), vraisemblablement pour assurer la sécurité des approvisionnements en hydrocarbures.
On peut sérieusement se demander si cette réorientation est judicieuse. On peut aussi se demander si le moment est bien choisi: l'Ouest de l' et particulièrement le Golfe de Guinée révèlent d'importantes promesses en , et les routes de l'Amérique du Sud, de l'Arctique et de l'Antarctique vont devenir des enjeux stratégiques militaires, commerciaux et économiques majeurs pour l' dans les 5 à 10 ans à venir.

On  peut s'étonner que la France lâche la partie Africaine où elle détenait des atouts (ce qui n'empêchait pas de retirer son soutien à certains dictateurs) au moment où l'Amérique s'y impose de plus en plus face à la crainte que lui pose la , et d'autre part tente de s'installer dans un territoire déjà saturé par les forces armées Américaines, au point où leur taille leur devient un problème (sans parler des effets antagonistes induits auprès des populations locales).
  • La quatrième observation concerne évidemment l'effort bienvenu mis sur le renforcement des moyens de renseignement.
La volonté de mise en chantier de satellites de type Hélios de nouvelle génération n'est pas clairement proclamée, mais l'augmentation des dotations en matériel de surveillance et d'interception de données vient à point.
Outre que les conflits par cyber-attaque font désormais partie des scenario très plausibles de prise de contrôle d'un pays par un autre, des attaques larvées et différentes sortes de test ayant déjà été menés avec plus ou moins de succès par plusieurs pays (et pas seulement et la ), on ne peut s'empêcher pourtant de soupçonner le pouvoir politique de vouloir mettre au point un certain nombre de mesures propres à prendre d'assaut le pays civil. C'est classique, comme l'emploi des chars  en situation insurrectionnelle.

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