Afghanistan, lieu de tous les décalages(2)

perdre est possible, gagner irréel

En définissant la lutte contre Technorati et tous les ennemis supposés ou réels de l'Amérique sous le terme de "guerre à la terreur" le Président Américain a fait de son choix politique une faute stratégique et tactique.
Choix politique parce qu'en donnant à son combat une dénomination aussi générale, en définissant un ennemi aussi flou, Georges W.Bush s'offrait la possibilité d'entamer une guerre totale.
Une guerre totale est une guerre dont l'objectif est soit indéfini, soit inatteignable, soit inexistant, ce qui permet à son auteur d'être libre de décider de son but et de son terme.
La première guerre totale de l'ère moderne fut la guerre révolutionnaire française: comme la guerre du Président Américain, elle ne présentait aucun objectif clairement fixé et donc aucune limite temporelle, géographique ou factuelle identifiable.

Le 43ème Président Américain aurait pu confiner la lutte contre les intégristes radicaux responsables des attentats du 11 Septembre à la dimension antiterroriste, voire à la lutte contre la criminalité.
Mais alors il lui aurait fallu demander sans cesse l'accord de partenaires institutionnels ou étrangers pour enchaîner les guerres qu'il s'imaginait remporter l'une après l'autre.
La réalité en a décidé autrement comme chacun sait, mais la faute majeure de l'équipe au pouvoir à Technorati a été de croire comme beaucoup d'autres auparavant, avoir remporté une victoire quand elle n'avait fait que chasser son adversaire d'un palais inutile.

Malheureusement pour l' Technorati et le Canada qui par l'entremise de l' Technorati se sont laissé entraîner dans la logique militaire de l'hôte de la Maison blanche, si l'essentiel de la lutte Technorati se déroule bien dans le pays pivotal en terme de géopolitique et de géostratégie, il se trouve que ce pays est l' Technorati, dont nous savons qu'il n'a jamais toléré longtemps une occupation étrangère, fut-elle bien accueillie au départ.

Tout aussi regrettable est la difficulté où se trouvent des états-majors Occidentaux formés à combattre leurs propres miroirs, à définir et reconnaître l'adversaire: l'intégrisme Islamique, les Technorati, Technorati, les Afghans, les Balouches, quoi d'autre?
Difficulté à identifier la mission: guerre d'invasion, occupation militaire, lutte anti-insurrectionnelle, opérations policières?
Incapacité à définir un objectif clair: à quoi en effet reconnaîtrait-on une victoire, puisque l'on ne peut imaginer Ben Laden ou le Mollah Omar entamer des pourparlers en vue de signer un traité de paix?
Gêne considérable et imprévue à discerner les vrais des faux alliés, et à établir un classement prioritaire des ennemis authentiques.
Voila pour l'aspect stratégique.

Tactiquement, l'affaire ne se présente pas mieux.
D'un strict point de vue militaire, le seul exemple victorieux  comparable dont bénéficient les Technorati c'est la Tchétchénie ou les authentiques patriotes tels que Dassaiev mêlés à des gangsters comme Bassaiev ont été éliminés un par un au prix de cent civils pour un combattant et où le pays est retourné à une zone de non-droit, dans des conditions impossibles à réaliser si l'on ne musèle pas la presse comme ont pu le faire les autorités moscovites.
Même si toute personne ayant vu l' Technorati Américaine en action dans un pays tiers (et du Tiers-Monde) sait que les dommages collatéraux ne gênent pas vraiment les autorités militaires, il y a des limites à ne pas atteindre.
Une défaite militaire est par contre envisageable: elle prendrait la forme d'un désengagement de certains pays (menaces en ce sens du Canada, de la Hollande) d'une présence inactive d'autres (encasernement des Allemands par exemple) voire même de refoulement, avec l'invasion périodique mais de plus en plus massive de certaines régions par les Technorati, à vue des bases de l'ISAF.

Sur le plan politique, l'affaire est très mal engagée.
Après avoir soutenu un gouvernement Karzai constitué d'ennemis, de faux amis, d'opportunistes, de représentants d'ethnies, de chefs de gang et des producteurs de 90% de l'héroïne mondiale, tous groupes décidés à se partager le pactole destiné à la reconstruction du pays, voici qu'au moment où les Technorati décident de changer leur fusil d'épaule (5 ans pour réaliser qui est vraiment Hamid Karzai: un record!) et lui cherchent un remplaçant, celui-ci a amorcé d'étranges rapprochements.
On n'est pas dans l'île de la Grenade: Karzai, chef de clan lui-même, est déjà en train d'oeuvrer contre une reprise en main du pays par les Occidentaux (refus de voir Ashcroft devenir le patron effectif du pays, manoeuvres limites pour empêcher Zalai Khalilzad, ex-ambassadeur US en Technorati, en Technorati et à l' Technorati de prendre sa place): on est ici dans la plus pure tradition Moghule des renversements d'alliances.
Kaboul est déjà en discussions de compromis avec les Technorati, avec les Ouzbeks (Dostom sera de tous les coups) et peut-être avec un Musharraf qui lui non plus ne voit pas d'un bon oeil l'arrivée prochaine d'un nouveau Président Américain.
Quelqu'il ou elle soit, la personne élue pour remplacer G.W.Bush va devoir agir de façon décisive contre les pouvoirs en place, puisque les intérêts divergent dorénavant de façon flagrante entre Technorati, Kaboul et Islamabad.





 
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